La maison individuelle change-t-elle le temps?

Dans le cadre de l’appel à projets national du PIRVE (Programme Interdisciplinaire de Recherche Ville et Envi­ronnement), et en partenariat avec des acteurs locaux de l’aménagement, un projet de recherche toulousain a été retenu sous le titre « Formes urbaines, modes d’habiter et climat urbain dans le périurbain toulousain. Projet exploratoire de recherche interdisciplinaire ».

L’un des enjeux des recherches sur le climat urbain est d’élargir le champ d’étude, souvent cantonné aux limites de la ville dense, pour déceler les effets de la ville sur le climat. En effet, le développement en périphérie des villes se fait désormais sur un mode essentiellement pa­villonnaire qui, par opposition à l’habitat urbain, préserve des espaces non bâtis.

A l’interface entre habitats urbain et rural, l’objectif est de déceler dans l’habitat périurbain de probables variations des températures et des précipitations. La recherche pose en effet l’hypothèse selon laquelle les formes urbaines (occupation du sol, composition du bâti, etc.) et les modes d’habiter (pratiques et représentations spatiales des individus) propres à ces espaces seraient les causes de ces variations supposées.

Plus on est de fous, plus on avance!

Partant de cette hypothèse d’une interaction entre des faits essentiellement physiques, en l’occurrence la varia­tion du climat, et des facteurs explicatifs humains, l’intérêt réside en la constitution d’une équipe pluridisciplinaire qui réunit aussi bien des météorologues, ingénieurs en environnement, géologues que des géographes, socio­logues, anthropologues sociaux et architectes. Cette plu­ralité de regards permet de mobiliser les ressources les plus diverses, des bases de données aux images satel­lites en passant par l’observation de terrain.

Il s’agit ainsi de croiser des approches de l’environnement urbain pour dépasser la dichotomie récurrente entre sci­ences naturelles, dîtes dures et considérées comme ob­jectives, et sciences humaines et sociales, dites molles du fait de leur subjectivité. Construire une démarche d’analyse partagée, interdisciplinaire, durable au-delà de cette coopération ponctuelle : tel est l’intérêt scientifique de ce dépassement des approches disciplinaires.

Les perspectives de cette méthodologie commune ? Elaborer un référentiel et une démarche d’analyse réelle­ment interdisciplinaires pour observer l’espace et rendre compte des interactions entre formes urbaines, modes d’habiter et hétérogénéité climatique.

Séverine Bonnin-Oliveira

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  1. #12 Toulouse | Plume! - 26 mai 2010

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