La recherche en évolution est-elle buissonnante ? (2/4)

De l'Origine ... de l'ISEM

avec l'aimable participation de Monique Vianey-Liaud

Au début des années 60, c'est l'abbé René Lavocat, qui travaillait à Paris au muséum d'histoire naturelle, qui a décidé de fonder un institut à Montpellier : un laboratoire de paléontologie des vertébrés. Dans ce but il fait venir Louis Thaler comme chef de travaux et maître de conférence. Jusqu'au début des années 70, de nombreux paléontologues sont recrutés, d'abord, Jean-Louis Hartenbergger (qui travaille sur les rongeurs) et Jean Sudre (artiodactyles). Puis Monique Vianey Liaud, et Jean-Jacques Jaeger...

Louis Thaler décide de travailler sur les rongeurs pour avoir de nombreux fossiles, et tenter de traiter les organismes vivants afin de rapprocher l'approche paléontologique de la notion biologique d'espèce, ce qui était une approche très novatrice. En effet, à l'époque la paléontologie servait uniquement à dater les couches géologiques, et personne n'étudiait la biologie des fossiles. Louis Thaler voulait comprendre les processus évolutifs et les rongeurs étaient un bon modèle. A la même époque, Henri Capetta travaille sur les requins dans la même optique, pour avoir une image semblable du milieu marin.

En 1980, l'institut de paléontologie devient l'ISEM. Le désir de Louis Thaler de rapprocher fossiles et organismes vivants et sa rencontre avec M. Simpson, l'a conduit à créer un labo d'électrophorèse. Il recrute Nicole Pasteur (qui travaillait sur la génétique de la résistance) et publient ensemble une étude sur deux espèces de souris méditérrannéennes (1976). C'est le point de départ pour Louis Thaler et ses premiers élèves généticiens, F.Bonhomme et Janice Britton-Davidian, d'un long travail de recherche sur les mécanismes de spéciation.

Ce n'est que dans les années 90 que le rapprochement avec la paléontologie se réalise grâce au développement de la génétique moléculaire, et à la mise au point de la morphométrie qui permet d'analyser des différences très minimes de formes. Dès lors, biologistes et paléontologues travaillent sur la phylogénie des espèces: les biologistes à partir de l'ADN, et les paléontologues à partir des changements de formes sur les fossiles. Ils reconstituent ainsi la succession des événements qui jalonnent l'apparition d'une espèce. **

*P. Tort - Dictionnaire du Darwinisme et de l'évolution entrée "Génétique des populations et darwinisme en France"
** Journal du CNRS n°172 mai 2004

Elsa Noël, Céline Robinet, Florent Thomas

« Nous sommes en troisième année de licence de biologie à la Faculté des Sciences de Montpellier, nous avons tous les trois envie de travailler dans la recherche en évolution et … on en ignore pour ainsi dire tout, comme la plupart des gens ». C’est de cette constatation commune a beaucoup d’étudiants de licence qu’est venu le désir de profiter d’un projet tutoré voué à la vulgarisation pour en apprendre plus sur la question … et pour le partager. Ainsi nous voilà lancé dans cette idée. Et quoi de mieux que l’Institut des Sciences de l’Evolution de Montpellier (ISEM) pour aborder le sujet ? Pour répondre à nos questions et retracer l’évolution de la recherche en évolution, nous sommes aller frapper à la porte de chercheurs et d’enseignants chercheurs de l’ISEM.

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