L’évolution est complexe. Elle a souvent une direction, jamais de sens. On a longtemps considéré qu’évoluer, c’était se laisser porter dans cette direction, en faisant chaque petit pas (mutation de son ADN) l’un après l’autre. Mais la route n’est pas évidente et à chaque pas, on se prend un coup de matraque par la sélection, tout en étant bringuebalé par le vent changeant de la dérive. Où mène cette route ? Vers la terre promise de l’état d’adaptation, pour lequel on aura récolté, au cours du chemin, le patrimoine génétique permettant d’être optimal dans notre environnement. Mais quand celui ci changera, il faudra se remettre en route.
Du coup, face à tant d’adversité, il est tentant de se dire qu’on va laisser la marche à petits pas à ceux que les longs pèlerinages amusent, et plutôt se déplacer par sauts. Quitte à se taper tout le chemin, autant prendre les raccourcis…
Mais voilà, on ne fait pas n’importe quoi avec l’évolution et c’est papy Charles qui l’a dit, en admettant, ce que lui écrivait Thomas Huxley dans sa lettre du 23 novembre 1859 (la veille de la parution de L’origine des espèces), « sans réserve que Natura non facit saltum ». Autrement dit, Darwin a clairement annoncé qu’il convenait de se tenir tranquille et que la nature était avisée de ne pas faire de saut. L’évolution est graduelle, et on met un petit pied devant l’autre.
C’était sans compter la première loi de Murphy du vivant : « Under any given set of environmental conditions an [...] animal behaves as it damn well pleases ». Or, il plaît à la nature de sauter dans tous les sens et il ne reste qu’à trouver un moyen de réaliser ces sauts. Considérons un organisme réduit à son génome comme un collier de perles, dans lequel chaque perle représente une fonction donnée. Si vous voulez faire quelque chose de nouveau, plutôt que de resculpter la perle par vous-même, il est moins coûteux de demander à un voisin plus ou moins coopératif s’il ne l’a pas en stock. Et c’est courant dans la nature, notamment chez les bactéries. Mais quand on a pas les moyens de réaliser toutes les petites subtilités bactériennes, les virus rentrent en piste !
Les virus, des sales petites bêtes ?
Les virus sont de sales bêtes. Des parasites intra-cellulaires qui ont toujours besoin d’un hôte pour se reproduire, ce qui n’est pas le cas de tous les parasites. Ils squattent sans vergogne la machinerie cellulaire de leur hôte, et de temps en temps empruntent un bout de son génome pour caler quelques gènes et se laissent multiplier tranquillement. 
Une fois leur méfait accompli, ils récupèrent leur génome répliqué aux frais de la princesse, et leurs protéines synthétisées sans beaucoup plus d’efforts. Ils assemblent le tout et partent. Mais comme l’entropie d’une cellule est comparable à celle d’un bureau de chercheur (sans les restes de bouffe et les tasses de café demi-pleines), parfois, tout ne se passe pas comme prévu!
Des bonds dans l'évolution ?
Il arrive que le virus perde des bouts en route et laisse un morceau de son génome chez son hôte. Vous vous imaginez, vous, avec une polymérase virale ? Si non dites vous bien, même si ça paraît un peu dégueulasse, que c’est super efficace. Une cellule qui en récupère va se mettre à se répliquer super vite. Vous voyez l’avantage par rapport aux autres ? Plus fort encore, les virus prennent de temps en temps des gènes de leur hôte.
Par exemple, les phages (virus qui s’attaquent spécifiquement aux bactéries) de cyanobactéries marines portent des gènes de la photosynthèse, notamment ceux qui contrôlent des étapes critiques -et plus particulièrement, des gènes qui codent des protéines se dégradant très vite à la lumière. Autrement dit, quand le phage arrive dans une cellule, et qu’il porte les gènes codant pour des protéines utilisées par cette cellule, il lui donne les moyens d’avoir un métabolisme de super niveau. En retour, le phage s’assure longue vie et prospérité puisque son hôte lui offre des possibilités.
Bien entendu, cette « solution » qui évite de faire toute la route pas à pas apporte son lot de problèmes. Comment maintenir ces nouveaux gènes assez coûteux (si vous ajoutez des perles à votre collier, vous finissez par avoir super mal au cou) ? Une joyeuse bande d’évolutionnistes Montpelliérains a montré que différents facteurs environnementaux, dont la présence de parasites, pouvaient contribuer au maintien de ces gènes dans les génomes de leurs hôtes. En plus d’avoir des mécanismes complexes pour assembler le collier, des facteurs encore plus nombreux agissent pour le faire tenir ensemble.
Transferts de gènes
Dans les dernières années, ce mécanisme de transfert de gènes a reçu une attention théorique et expérimentale considérable. On peut maintenant déclarer avec certitude que, quoiqu’en ait pensé Darwin, la nature peut faire des sauts ! En cette année qui lui est consacrée, n’oublions pas tout ce qui a été accompli en 150 ans sur la base d’un livre. N’oublions pas non plus que Darwin n’était pas seul à son époque. L’exemple du transfert latéral de gènes, que nous venons de survoler ici, permet de mettre un peu de lumière sur Thomas Huxley.
Ce dernier, même si il n’est pas à l’origine de la révolution conceptuelle que représente la théorie de l’évolution, se posait des questions similaires au même moment que Charles : il avait eu l’intuition que la nature saute. C’est maintenant un fait connu que les gènes se promènent d’un génome à l’autre de différentes façons. Ils peuvent utiliser des phages comme taxis, soit un morceau de génome abandonné suite à la mort de son propriétaire, soit d’autres façons connues ou à découvrir. Face au constat que la génomique donne raison à Huxley, même quelques centaines d’années plus tard, il n’est pas difficile d’être d’accord avec Cocteau, quand il nous dit que la science, sert aussi à vérifier les découvertes de l’instinct !





L'évolutionnisme n'est qu'une succession de postulats, enrobée dans un conte pour enfants afin de faire croire que le hazard serait a l'origine de la vie sur terre! Vaste fumisterie! L'option qui est en train de faire un carton est" l'intelligent design", car Craig Venter vient de prouver que la vie peut se créér en laboratoire. Donc il va falloir faire évoluer vos articles afin de sortir de la naftaline! Le monde bouge!
Cher Raélitout,
En temps normal, à Plume!, on essaie de pas nourrir les trolls. Mais juste parce qu'un lecteur pourrait, passant en ces lieux, tomber sur ta prose, une clarification.
Venter, il a fait beaucoup de choses. Mais il n'a pas prouvé que la vie peut se créeer en laboratoire. Il a montré qu'on peut assembler un génome, et qu'une fois assemblé ce génome fonctionne. C'est joli, high-tech, ça a coûté très cher, mais ça n'apporte rien au débat sur l'évolution.
Si l'envie te prenais de revenir participer d'une manière aussi pertinente aux débats qui se tiennent sous nos articles (putain, surtout sous les miens quoi…), et si pour notre malheur le contenu de ton intervention avait à voir avec la création de la vie, fais moi plaisir, lis ça : http://www.amazon.com/Origins-Skeptics-Guide-Creation-Earth/dp/0671459392
C'est bien écrit, ça fait du bien par ou ça passe, tu verra…
Des bises
t
Timothée, j'ai bien voulu faire un tour sur le site que tu recommandes...Je suis désolé, tout est en anglais et du peu que j'ai pu comprendre, il s'agirait de démontrer l'exactitude de l'évolutionnisme.Moi, jamais je ne pourrait accepter que, de rien, l'univers, puis les planètes, puis la vie biologique se soient créés par hasard dans un ordre et d'une complexité tout a fait remarquable! Il s'agit là d'un acte de foi qui suppose que tout s'est assemblé naturellement sans aucune intervention extérieure. Si tu peut le croire, trés bien, mais c'est du mème niveau que ceux qui croient en un Dieu immatériel qui, toujours a partir de rien, aurait tout créé. Quand a Venter, désolé, mais oui il a créé le premier génome artificiel! De plus mème s'il s'agit d'un tout petit pas vers la création d'une espèce nouvelle, le processus est en marche et rien ne pourra l'arrèter! Bien sur certains "comités d'éthique" vont essayer de ralentir cette progression scientifique au niveau de la génétique moléculaire, comme c'est déjà le cas pour le clonage et les OGM.ll y a aussi les cellules souches qui permettent de créér des organes du corps, alors il n'est pas nécessaire d'ètre un génie pour comprendre que la vie biologique sur terre aurait trés bien pu ètre créée par une civilisation venue d'ailleurs, bien plus en avance que nous techniquement.Il faut considérer que la recherche en biologie en est a ses balbutiements et que la création de la première espèce nouvelle et originale sera bien la preuve que évolutionnisme et déisme se retrouveront dos a dos...si les tenants de ces 2 hypothèses sont toujours là pour le voir!
Raelitout,
Es-tu bien sur de comprendre ce qu'est l'évolution?
Manifestement non. Avant toute chose, la Théorie synthétique de l'évolution (TSE) n'explique pas l'apparition de la vie. Il y a deux choses à ne pas confondre ici, la vie est apparue (c'est un fait...) et plusieurs hypothèses existent quant à la façon dont elle est apparue, l'origine extraterrestre en fait partie.
Ensuite, l'évolution (qui est également un fait et contrairement à la religion, la TSE est soutenue par des preuves) s'applique sur tout êtres vivants, quelque soit l'origine de la vie. Et comme tu le prédis, si Craig Venter et ses acolytes créaient un nouvel organisme et le mettaient dans un environnement vide de vie, c'est l'évolution qui serait à l'origine de toutes diversifications (Même si il y a sélection naturelle, car ce n'est autre que l'utilisation des mécanismes de l'évolution par l'homme).
L'origine de cette éventuelle nouvelle source de vie serait quant à elle attribuée dans cette situation hypothétique à Venter et al.
Tout ça pour dire, que tu manifeste une certaine affinité pour les amalgames et un déplorable manque de connaissances en biologie.
Cher Raélitout,
Ne t'es tu jamais emerveillé devant le fait que n'importe quel adulte (prenons par exemple l'un de tes parents, ton papa) à été un jour contenu dans le ventre sa mère (ici donc, ta grand-mère)? Moi si (notamment quand le père fait deux fois la taille de la grand-mère). Je suis sure que n'as pas echappé à la règle, et que tu as comme tout les enfants un jour demandé à tes parents : "Comment on fait les bébés?". Tu vas voir le lien très vite.
Si l'on occulte tout le processus de croissance que l'on connait bien, admet que c'est quand même extra-ordinaire : comme une personne aussi grande peut bien venir d'un bid féminin!!
Imagine un extra terrestre débarquant sur terre, et qui n'a jamais été initié à la notion de viviparité, je me vois mal lui jeter dans la figure dix minute après son arrivé, en commencant à lui expliquer les bases du fonctionnement de notre espèce, que les individus qu'il voit (tout grands) sortent du ventre d'autres de ces individus. Il me prendrait pour une felée.
Et pourtant, quand on connaît toutes les étapes de la fabrication si j'ose dire, et le fait que les individus sont petits au début, c'est tellement logique.
Il se trouve qu'en ce qui concerne l'évolution, l'exercice intellectuel à faire est exactement le même. Il est un peu plus difficile, car il n'est pas quotidien d'observer la formation de nouvelles espèces, qui prend légérement plus de temps que la formation d'un nouvel individu. Mais lorsqu'on a compris les règles qui régissent ce processus, c'est extrêment logique.
Je ne peux pas faire l'effort d'apprentissage de ce processus à ta place. Tout ce que je peux faire, c'est donc t'inviter à consulter les nombreux ouvrages scientifiques qui existent sur la question, et à les lire en gardant cette petite métaphore en tête : l'évolution des espèces, c'est comme la fabrication des bébés: c'est extra-ordinaire, mais c'est logique !
Chère Aurélie, je te remercie de tes petits conseils...J'ai été a l'école et déjà on nous bourrait le crane d'un coté en nous disant par exemple que un tapir allait devenir qq temps plus tard un cheval, avec des dessins démontrant la succession de transformations. Je trouvais cela bizare a l'époque d'autant que au "catech" on y apprenais que Dieu avait tout créé et écrit la Bible! On peut imaginer les dégàts que ces 2 prétendues théories ont fait dans le cerveau de nos enfants! Mais le pire c'est qu'elles soient toujours enseignées avec l'argent de nos impots comme s'il s'agissait de vérités incontournables! Alors que, pour moi ces 2 hypothèses devraient ètre enseignées comme des options possibles, et surtout auprès d'une autre option qui est "le créationnisme scientifique". Cette dernière a pour moi le plus bel avenir car elle implique une action scientifique qui serait a l'origine de toute la vie biologique sur terre. Moi Aurélie, ce qui m'émerveille tous les jour, c'est la beauté des différentes espèces animales et végétales, ce qui est pour moi le signe indéniable a mes yeux qu'un processus de création en soit a l'origine! Si seul le hasard était a l'origine de la création d'espèces, pourquoi des telles merveilles existeraient dans la nature, comme la queue du Paon par exemple?
Deux petites remarques, plus pour les curieux qui passeraient dans le coin d'ailleurs :
- un tapir ne devient pas un cheval. Il y a des millions d'années, des animaux qui n'étaient ni un tapir ni un cheval, mais l'ancêtre de ces deux espèces, ont donné le jour à des descendants qui n'étaient pas tous indentiques. Comme notre frère nous ressemble sans être nos copies parfaites. Ces descendants un peu différents ont fait leur vie, se sont reproduits, et ont eu d'autres petits qui ressemblaient encore un petit peu moins à leur ancêtre. Comme notre fils ressemble souvent un peu moins à son grand-père qu'à son frère. Tu rajoutes sur cette variabilité naturelle et observable un peu de sélection naturelle : admettons par exemple que certains de ces descendants vivaient en forêt et que d'autres vivaient en plaine. En forêt, il vaut mieux ne pas être trop haut sur pattes, pas pratique pour se frayer un chemin parmi les buissons. Donc ceux qui vivaient en forêt et qui étaient plus grands que leurs potes ont eu plus de mal à manger, à survivre, à faire des petits à leur tour. Et à force, au fil des générations, ces descendants qui vivaient en forêt ont été en moyenne plus trapus que leurs ancêtre. En plaine, il vaut mieux être grand pour voir venir les prédateurs de loin. Le même mécanisme, poussant dans une autre direction, a eu un résultat inverse. Rajoute une dose de hasard et quelques millions d'années et tu finiras par faire d'une espèce ancestrale des tapirs d'un côté et des chevaux de l'autre. Mais l'un ne s'est pas transformé en l'autre.
- la queue du paon est un (très) classique exemple de sélection sexuelle. Un mâle, ça lui coûte généralement rien de s'accoupler avec tout ce qui passe, une femelle par contre a intérêt à faire plus attention au mâle avec qui elle se reproduit puisque produire des oeufs, les couver, nourrir les poussins, les élever, ça coûte du temps et de l'énergie. Autant alors se reproduire avec le mâle de meilleure qualité : quitte à utiliser de son espérance de vie, autant le faire pour des poussins qui ont une bonne chance d'être de futurs cracks. Les femelles choisissent donc les mâles, mais comment ? Pour un paon mâle, produire une magnifique queue qui se prend dans tous les arbres et est un phare à prédateurs, c'est coûteux. Le mâle qui a donc la plus belle parure et qui malgré elle arrive à survivre est sûrement un crack, capable d'aller draguer de la femelle malgré son handicap. Les femelles ont donc tout intérêt à choisir le mâle qui a la parure la plus spectaculaire. Quelle parure auront leur poussin ? Sûrement quelque chose d'en moyenne un peu plus impressionnant que la génération d'avant puisque le mâle choisi était celui ayant le plumage le plus flashy (je suis à cours de synonymes). Une fois de plus, rajoutons un peu de hasard et quelques millions d'années et on arrive à des extrêmes comme les parures des paons ou d'autres oiseaux comme les paradisiers par exemple.
Chère Juliane, ta tentative de démonstration m'a bien amusé, mais malheureusement elle a été loin de me convaincre! Mais bon, il faut de tout pour faire un monde! Entre hasard et création, moi j'ai choisi mon camp! Enfin, avez-vous déjà vu quelque chose se créer tout seul? La beauté de certaines espèces animales, et florales est la preuve incontestable qu'il y a eu un processus de création qui en soit a l'origine...et d'ailleurs seul l'humain peut en apprécier la dimension artistique!